Les événements récent posent la question de l'information et du journalisme face à l'action de terroristes et à la nécessaire action des forces de l'ordre pour lutter contre de telles pratiques.

Nous avons assister à une surenchère médiatique, une course au scoop, à l'émotion, une frénésie pour être celui qui diffuserait l'information le premier, ... bref à une course à l'audience au prix du reniement du professionnalisme, de ce qui fait l'essence même du métier de journaliste.

Dans ce contexte de frénésie je me permettrai juste de soumettre à votre sagacité les questions suivantes :

  • L'action des forces de l'ordre (et l'efficacité que nous attendons d'elles) est elle compatible avec une transparence absolue sur ses agissements ?
  • La garantie de l'efficacité des forces de l'oredre ne passe-t-elle pas par une information maitrisée et donc manipulée par les autorités pour désinformer les terroristes eux mêmes qui ne se privent pas d'écouter les médias ?
  • Les journalistes ont ils pour missions d'informer les terroristes de ce qui est mis en oeuvre pour les neutraliser ?  ou de les desinformer ? mais alors ils désinforment par la même occasion l'ensemble de la population, trahissant leur métier ?
  • Si l'on admet que le rôle des forces de l'ordre est de désinformer les journalistes pour préserver leur capacité d'actions, quelle confiance peut on accorder à des journalistes qui, sous la pression de l'immédiateté, ne vérifient plus leurs sources ?
  • Plus généralement, ce qui est devenu flagrant en période de crise n'est il pas devenu la marque de fabrique du journalisme d'aujourd'hui ? au moins partiellement ?
  • Je vous laisse poursuivre le questionnement ...

Voilà des questions qu'il me semble important de se poser collectivement dans une période où certains semblent prendre conscience que l'intégrisme et les dictatures se développent par l'ignorance et la pauvreté.

Loin de moi l'idée de dire que les journalistes sont les responsables de la misère intellectuelle ou matérielle qui permet ce développement, je souhaite juste rappeler que nous sommes collectivement responsable du développement de l'esprit critique qui est, dans ce contexte, un outil de base pour assurer la survie de la démocratie dans le monde d'aujourd'hui.

Pas de conclusion à ce petit billet d'humeur ... chacun tirera ses conclusions et/ou prolongera la réflexion ... indivisuellement ou collectivement